Élevage bovin et transition écologique

La filière bovine française, championne d'Europe 

En matière de production de viande bovine, la réputation de la France n'est plus à faire. Recherché pour sa qualité et pour la diversité de ses races, de la Charolaise à la Limousine, en passant par l'Aubrac ou la Normande, le bœuf français se situe ainsi au sommet du marché européen.

En Europe en effet, la France constitue le 1er pays producteur de viande bovine, mais également le 2ème producteur de lait, beurre, fromage.

Pour rappel, la filière bovine se divise en deux branches : la filière viande, qui constitue 22 % de la production animale française, et la filière lait, qui correspond à 36 %.

Quel impact de l'élevage bovin sur l'environnement ?

Émissions de gaz à effets de serre

D'un point de vue environnemental, le principal souci que pose l'élevage bovin correspond aux émissions de GES qu'il génère. La filière est en effet responsable de 10 % de nos émissions de GES, une part non négligeable du bilan carbone de la France. 

Un point positif cependant : plus d'1/3 de ces émissions sont compensées par le stockage carbone des haies, prairies, arbres... d'où l'importance de ces dernières.

Consommation d'eau

L'élevage bovin induit par ailleurs une consommation d'eau importante, tant pour l'abreuvage du cheptel que pour la production de son aliment. 

Avec le réchauffement climatique et la multiplication des épisodes de canicule, la quantité d'eau nécessaire pour garantir le bien-être des bêtes se voit considérablement augmentée. L'impact des fortes chaleurs est considérable sur la filière bovine, particulièrement la filière lait, les vaches laitières produisant beaucoup moins de lait car peinant à maintenir une hydratation suffisante. 

Cette baisse de productivité, par définition, fragilise les exploitations laitières dans leur dimension financière.

Transport

Le troisième principal impact de l'élevage bovin sur l'environnement est lié au transport.

En effet cet impact, commun à toutes les filières, se voit démultiplié si l'on consomme des viandes importées de l'étranger : le transport, quel que soit son mode, consomme du carburant, produit des GES, et, bien souvent, concerne de la viande bovine issue de l'élevage intensif ( on pense par exemple aux productions sud-américaines ).

En synthèse, plus le produit viendra de loin, plus son impact environnemental sera important... et à l'inverse, plus le produit sera local, plus il sera écorespectueux.

 

 

Quels leviers de transition écologique ?

 

1. Augmentation des surfaces de haies, d'arbres et de prairies, qui non seulement absorbent une partie des GES produits par l'élevage, mais également qui constituent de véritables " refuges de biodiversité ", fondamentaux à l'ère de la multiplication des disparitions d'espèces, notamment dues au changement climatique et à l'usage abusif de pesticides et autres intrants chimiques.

 

2. Gestion raisonnée de l'eau et des intrants

 

3. Alimentation des cheptels au maximum à l'herbe / Élevage en pâturages. On sait en effet que les GES liés à l'alimentation des bêtes sont fortement diminués lorsque ces dernières sont nourries à l'herbe exclusivement. De plus, hors période de canicule, la prairie dont se nourrissent les bêtes élevées en pâturages ne requiert pas d'irrigation, tandis que la production d'un éventuel aliment supplémentaire, lui, nécessite de l'eau. 

 

Et pour le consommateur...

 

4. Préférence pour la viande locale, a minima française. Aujourd'hui, 25 % du bœuf consommé en France est importé. En choisissant du bœuf français, on limite les émissions de GES et la consommation de carburant liées au transport... et on soutient directement nos producteurs !

 

5. Préférence pour la viande élevée en pâturages. On cautionne ainsi une agriculture respectueuse de l'environnement et du bien-être animal. 

 

6. Maintien d'une consommation raisonnable de viande bovine. "Consommer moins, mais consommer mieux"

Bonne nouvelle 

Au 1er juin 2025, 2 319 exploitations laitières disposaient de la certification Haute Valeur Environnementale, 4 544 pour la filière bovin viande.

Cette certification correspond au plus haut niveau de la labellisation environnementale en agriculture, applicable à toutes les filières. Son attribution se base sur la protection de la biodiversité et sur les axes de gestion raisonnée évoqués plus haut ( moins voire pas d’intrants, gestion intelligente de l'eau, alimentation du cheptel exclusivement à l'herbe,... ).

Le nombre d'exploitations certifiées HVE étant en hausse depuis plusieurs années, on constate ainsi une réelle volonté d'écoresponsbilité de la part des éleveurs... couplée à une demande croissante d'offre écovertueuse du côté du consommateur !

 

 

Éco Agro

29 janvier 2026

 

Sources : DGPE - IDELE - INRAE - Ministère de l'agriculture