3 pratiques agroécologiques passées au crible : rotation de culture, éco-pâturage, et agroforesterie

 

La rotation de culture

 

La rotation de culture est une pratique agronomique qui consiste à alterner les cultures d'une année à l'autre - ou sur plusieurs années - sur une même parcelle. Elle permet de garder un sol riche en nutriments, donc fertile, productif... sans intrants chimiques.

 

Comment ça fonctionne ?

Bien connue des exploitations labellisées agriculture biologique, la rotation de culture se base sur les impacts des différentes plantations sur les sols :

  • Les légumineuses ( lentilles, haricots, fèves, ... ) enrichissent naturellement le sol en azote, un composé essentiel à la croissance de nombreuses cultures
  • Les prairies enrichissent le sol en matière organique, qui retient l'eau, recharge le sol en nutriments, er nourrit la biodiversité souterraine, ce qui assure la fertilité de la parcelle
  • Il existe également des cultures dites " nettoyantes " (sarrasin, seigle, pomme de terre, poireau, ...), qui limitent naturellement les mauvaises herbes
  • Or, de nombreuses cultures comme le blé, le maïs, ou encore le colza, présentent des besoins en azote et en nutriments accrus, des besoins qui sont habituellement comblés par des intrants chimiques.

 

La rotation de culture permet ainsi de recharger les sols en nutriments de façon naturelle, sans utiliser d'intrant chimiques

De plus, la rotation de culture ne joue pas uniquement sur la richesse des sols : elle prévient également l'apparition des maladies et des mauvaises herbes, et limite les dégâts des ravageurs.

Ça marche ?

Oui ! En moyenne dans le monde, la pratique de la rotation de culture permet une augmentation de 20 % des rendements par rapport aux monocultures continues (source : INRAE, Rotations culturales : un levier mondial pour rendement, nutrition et revenus, novembre 2025).


L'écopaturâge

Autre pratique agroécologique intéressante, l'écopâturage consiste à entretenir les espaces vert par le biais d'animaux herbivores, principalement des moutons et des chèvres. Il s'agit, au lieu d'employer divers produits chimiques et outils mécaniques, de laisser les animaux débroussailler le paysage naturellement, en broutant !

 

" Pour moi, le but de l'écopaturage, c'est de garantir la satisfaction au client tout en respectant le cycle de la nature et de l'animal. Et comme la nature est bien faite, ca marche assez bien ! "- Nora, gérante du Mouton Vert, société d'éco-pâturage en Gironde

 

Quel intérêt pour l'environnement ?

  • Préservation de la biodiversité ( aucun produit chimique, enrichissement naturel du sol grâce aux déjections des animaux, ... )
  • Bien-être animal ( les animaux évoluent à leur rythme, parfois même en semi liberté )
  • Aucune émissions de GES

Concrètement, les prestations d'éco-pâturage varient selon les saisons. Par exemple, pour Le Mouton Vert : 

  • Printemps et automne : entretien "classique" de terrains enherbés
  • Hiver : pâturage en vignes bio ( ... et surveillance des naissances en janvier et en février )
  • Été : entretien des sous bois, friches et forêts 

 

" Ce rythme permet de ne jamais sur-pâturer les surfaces, d'optimiser les ressources fourragères, et de maintenir mes animaux en bon état corporel, avec un minimum de foin et de complements (granulés, mineraux) " - Nora, gérante du Mouton Vert, société d'éco-pâturage en Gironde

 

L'écopaturâge, un préventif aux incendies ?

Oui ! Les moutons mangent aussi les couverts végétaux susceptibles de s'enflammer, car desséchés par les fortes températures. L'écopaturâge peut ainsi contribuer à limiter les départs de feu... et leur propagation ! 


L'agroforesterie

L'agroforesterie désigne l'ensemble des pratiques agricoles associant des arbres à une culture agricole et/ou à de l'élevage sur une même parcelle.

Par exemple, relèvent de l'agroforesterie :

  • Les rangées d'arbres à travers les champs de cultures
  • Le sylvopastoralisme (c'est-à-dire l'élevage d'animaux sous couverts forestiers)
  • Les haies et bocages

 

Les 6 principaux atouts de l'agroforesterie :

1. Les arbres, arbustes et autres végétaux en tous genres constituent de véritables refuges à biodiversité : oiseaux diurnes et nocturnes, insectes pollinisateurs, micro-organismes, ... les arbres sont de vrais "nids à vivant" !

2. De par l'ombre qu'ils induisent, les arbres créent de la fraîcheur, une fraîcheur qui favorise notamment le bien-être animal : sous un arbre, la température peut baisser de 10.2 °C !

3. Les arbres stockent du carbone : en 20 ans, une haie de 1 km peut capter jusqu'à 150 tonnes de CO2 !

4. Grâce à la matière organique qu'ils produisent, les arbres regorgent le sol en nutriments, ce qui diminue voire supprime le besoin d'intrants chimiques...

5. ...et permet une meilleure rétention d'eau par le sol ! Un sol riche retient mieux l'eau et le minéraux, en plus de favoriser une biodiversité souterraine saine.

6. Enfin, l'agroforesterie permet aux agriculteurs de diversifier leurs revenus



Sources :

 

Éco Agro 

20 août 2026