La transition agroécologique : tour d'horizon par filières

Avant toute chose : l'agroforesterie, levier n°1

Toutes filières confondues, l'agroforesterie, c'est à dire l'insertion de haies et autres couverts végétaux entre les cultures, est indispensable dans la transition agroécologique.

Essentielles pour le bien-être animal et pour la lutte contre les sécheresses, les haies :

- créent de l'ombrage et de la fraîcheur
- stockent du carbone
- constituent un réel refuge de biodiversité pour les insectes pollinisateurs, les oiseaux, etc.
- favorisent l'irrigation des cultures en limitant le ruissellement
- limitent la dérive d'intrants chimiques vers les cours d'eau etc.

Les haies permettent ainsi d'améliorer le rendement naturellement (jusqu'à 20 % de productivité supplémentaire ¹ ), sans passer par une irrigation intensive et par un usage accru d’engrais et autres intrants chimiques.

 

La transition... en viticulture

En viticulture, il s'agit d'adapter les méthodes de production en réduisant l'usage d’intrants chimiques bien évidemment, mais aussi en introduisant des cépages plus résistants à la chaleur, des cépages que l'on trouvait initialement plus au sud.

Il s'agit aussi d'adopter une irrigation la plus raisonnée possible, et d'adapter les bâtiments, les chais et les caves de façon à les rendre plus résistants à la chaleur.

La transition... en maraîchage et en arboriculture

Du côté du maraîchage et de l'arboriculture, il s'agit de renoncer aux productions hors saison, des productions généralement sous serre, particulièrement délétères pour la planète : "la production sous serre chauffée émet 8 fois plus de CO2 qu’une production locale en saison" ²

Par ailleurs, outre l'intérêt d'une production de saison pour l'environnement, elle est aussi beaucoup moins chère pour le consommateur.

Compte tenu du caractère crucial de l'irrigation en maraîchage, une gestion intelligente de l'eau est indispensable, par exemple en instaurant un système d'irrigation goutte-à-goutte, ou encore de récupération des eaux de pluie.

Procéder à une rotation des cultures, c'est à dire à l'alternance de différentes cultures sur un même terrain, est également très intéressant en maraîchage : cette pratique permet une meilleure richesse nutritive du sol, offrant aux cultures tous les nutriments dont elles ont besoin, sans intrants chimiques nécessaires (ou alors, très peu). Comparée aux monocultures, la rotation de culture présente un rendement supérieur de 20 % ³

Du côté du consommateur, pour soutenir les producteurs dans leur transition écologique, on pense à consommer le plus localement possible, au maximum en circuit-court, et surtout, de saison (voir tableau ci-contre).

La transition... en cultures céréalières 

En cultures céréalieres, on retrouve plus ou moins les mêmes leviers de transition : évolution vers des variétés plus résistantes à la chaleur, pratique de la rotation de culture, irrigation raisonnée, et réduction des pratiques de labour intensif et de l'usage d’engrais azotés.

 

La transition... en élevage 

Du côté de l'élevage enfin, pour l'environnement comme pour le bien-être animal, une transition écologique est indispensable.

Il s'agit, premièrement, de lutter contre l'élevage intensif, irrespectueux du bien-être animal comme de la santé des consommateurs.

En élevage bovin, il s'agit de développer l'élevage en pâturages, qui non seulement produit moins de GES, mais est également beaucoup plus respectueux des cheptels.

Il s'agit aussi d'adapter les bâtiments au changement climatique de manière à améliorer la ventilation, l'ombrage, les températures, et donc le bien-être des bêtes. La canicule dont nous sortons à peine illustre parfaitement l'urgence de cette adaptation, ayant perturbé le bien-être des bêtes, face à des éleveurs désemparés.

Enfin, la méthanisation, c'est à dire la production de biogaz à partir des effluents d'élevages, permet d'utiliser les déchets agricoles pour produire de l'énergie.

La transition agroécologique face au frein financier 

Le problème en revanche, c'est que cette transition agroécologique a un coût, un coût non négligeable, un coût que beaucoup d'agriculteurs ne peuvent pas prendre en charge, notamment en raison de l'absence de juste rémunération de la part de la grande distribution, dont le principal objectif et de garantir au consommateur les prix les plus bas possibles... au détriment des agriculteurs.

Un rapport du Sénat de mai 2026 révèle ainsi que les agriculteurs ne récoltent en moyenne que 8 % du prix payé en magasin par le consommateur, quand les distributeurs, eux, encaissent plus de 40 % ⁴.

C'est pour cette raison que le pouvoir du consommateur pour changer ce système est considérable : plus nous consommerons des produits respectueux de l'environnement et de la rémunération des agriculteurs, plus les agriculteurs produiront écoresponsable. C'est le principe de l'offre et la demande.

 

Éco Agro 

1 juin 2026

 

¹ OFB. "Que nous apportent les haies et le bocage ?" https://share.google/RFPPirA6ZPgrHJ0Xt

² Fondation pour la Nature et l'Homme."Bio sous serres chauffées, le verdict est tombé". 20 avril 2021. https://share.google/pxNDbJxbBcTvPATeB

³ INRAE. "Rotations culturales : un levier mondial pour rendement, nutrition et revenus". 4 novembre 2025. https://share.google/s7nsGx7mhxERE8qfm

⁴ Sénat. Les marges des industriels et de la grande distribution - Rapport. 19 mai 2026. https://share.google/yxU4sMUiicGKsqZrq

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